Rivière d’Ain : comment fonctionne la cellule d’alerte.

Pour enrayer les mortalités piscicoles estivales, une cellule d’alerte a été mise en place depuis près de 35 ans pour la rivière d’Ain.

Celle-ci se compose d’Electricité de France, du Syndicat de la Rivière d’Ain Aval et de ses Affluents (SR3A), de la Fédération de la pêche et de la protection du milieu aquatique de l’Ain, de l’AAPPMA (Active Union des Pêcheurs de la Rivière d’Ain), de l’AAPMA de Pont d’Ain (PLA), de l’AAPPMA de PPVA et de différentes administrations  concernées de l’Ain et du Jura (Conseils départementaux, agence de l’eau, etc)

Sa création remonte à 1987, suite à une forte mortalité piscicole sur la rivière d’Ain.

Animée par la Direction Départementale des Territoires (DDT) représentant la préfecture, la cellule d’alerte assure la concertation entre les différents intervenants. Pour cela, elle procède à des mesures et des analyses. Elle permet de mobiliser les énergies au profit de la rivière plutôt que dans un rapport de forces. Elle permet enfin de proposer des interventions sur les débits. Chaque participant intervient dans le cadre de ses compétences, dans un but commun, celui d’une rivière de qualité.

Ses actions: lâchers d’eau, soutien à l’étiage (augmentation du débit réservé qui n’est légalement que la somme des débits entrants dans les ouvrages EDF lorsque l’apport est inférieur à 12,3 m3/s )

La cellule d’alerte a été très sollicitée durant les diverses canicules 2003, 2009, 2010, 2017, 2018, 2022. Avec des situations parfois très graves:

  • Températures de l’eau supérieures à  25° et atteignant parfois 27,5° comme en 2003 à l’aval de la rivière.
  • Pompages importants dans la nappe phréatique limitant les apports en eau fraîche.
  • Développement des algues responsables d’importants problèmes d’oxygène dissous entraînant des mortalités piscicoles.

Les bénévoles de l’ AUPRA sont particulièrement engagés pour les nettoyages des sources et des arrivées phréatiques, la collecte des poissons morts, les relevés de température et la participation active aux réunions de cellule d’alerte

Les lâchers d’eau démontrent qu’ils remplissent bien leur rôle : arrachage des algues par les lâchers à 100 m3/s et amélioration thermique pour les lâchers prolongés à 42 m3/s. Ces dernières années, EDFG privilégie un peu plus de lâchers sur la période estivale mais limités à ce débit contre de fréquents 100 m3/sec par le passé.

A noter que parfois, les AAPPMA et la fédération sont contraintes de demander la fermeture de la pêche, pendant ces périodes critiques.

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